La Résistance en Gironde.


Le Service du Travail Obligatoire.





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Histoire de Vichy, Jean-Paul Cointet.
Proposition de loi du 24 juillet 2002, tendant à l'attribution du titre de reconnaissance de la Nation aux réfractaires du service du travail obligatoire, présentée par M. Yves Cochet, Mme Martine Billard et M. Noël Mamère.
Bordeaux 1940-1944, René Terrisse


S.T.O. Les réfractaires La relève


La France de l'armistice qui se jette dans les bras du maréchal Pétain est une France humiliée, dont la force vive se retrouve, en partie, embastillée derrière les barbelés, là-bas, en Allemagne. Le gouvernement de Vichy sait pouvoir compter sur la vieille garde des anciens combattants du précédent conflit. Il lui faut aussi faire appel à la jeunesse. Aussi, dés juillet 1940, est instauré un ministère de la Famille et de la Jeunesse auquel viendra s'adjoindre un secrétariat général confié au général d'Harcourt; un délégué régional, Raymond Courtot assure la direction de la région Aquitaine (XIIème région).

Le maréchal, toutefois, ne pourra réaliser totalement son projet car l'église tient à conserver ses propres organisations de jeunesse. Le secrétaire général Lamirand ne pourra donc que conserver le pluralisme existant en obtenant, toutefois, une fidélité au maréchal.

Cette jeunesse est en pleine évolution. La conscription n'étant plus les classes montantes allaient se retrouver sur le marché du travail s'ajoutant au million de chomeurs déjà enregistré. Il fut possible, en zone libre, d'intégrer ces éléments dans les "Chantiers de Jeunesse"; chose impossible à prévoir en zone occupée devant l'hostilité de l'occupant qui se refuse à la naissance de tout mouvement de jeunesse. Malgré tout, et passant outre l'interdiction de Vichy, Bordeaux vit perdurer les "Auberges de Jeunesse" qui se cachent alors sous le nom des "Compagnons de la Route". Bien d'autres existeront tels les Compagnons de France, les Centres ruraux de la Jeunesse, les Ateliers de la Jeunesse ainsi que les Centres de Chefs et de Moniteurs.

Mais tout cela va bientôt voler en éclat.

Tout d'abord, après la campagne de France menée tambour battant, il apparaît clairement que la détermination britannique ne faiblira pas. La Luftwaffe a laissé ses illusions dans la bataille d'Angleterre. La guerre sera longue et nécessitera un effort industriel et une main-d'oeuvre abondante que ne pourra fournir le peuple allemand militarisé. Comment ne pas penser alors aux peuples assujettis sous le joug nazi, même si un tel calcul va à l'encontre des lois de la guerre. On masquera cette illégalité par un appel aux volontaires. Une proposition se voulant engageante dans uns France déstabilisée, durement touchée par le chômage. La propagande murale l'affirme: "L'Allemagne vous offre du travail". La presse bordelaise se lance dans la brèche et la Petite Gironde comme La Liberté du Sud-Ouest lance les appâts: totale liberté de l'ouvrier en dehors des heures de travail, de l'argent pour sa famille qui, pendant les huit semaines suivant le départ, recevrait une allocation et un séjour gratuit, en Allemagne, pour ses enfants.

Le premier convoi de 115 travailleurs quitte Bordeaux à direction de Hambourg, le vendredi 29 novembre 1940. Ils sont terrassiers, charpentiers et mécaniciens. Tous sont chômeurs et sont âgés de 18 à 43 ans.

Chaque mardi, un départ est organisé en gare Saint-Jean en direction de Paris, puis l'Allemagne. Des épouses acceptent de suivre leur époux permissionnaire, revenant en Allemagne. Comme, par ailleurs, le chômage touche plus précisément les femmes qui représentent environ 70% des travailleurs sans emploi, on voit très rapidement celles ci se présenter aux bureau de recrutement; sténodactylos, couturières, ouvrières ou manutentionnaires.

Le 9 juin 1941, départ de 40 hommes et de 40 femmes. Parmi eux se trouve le millième ouvrier engagé à Bordeaux; il reçoit un chronomètre suisse.

Malheureusement, l'élan national reste timide alors que les besoins de l'armée allemande deviennent de plus en plus grands. L'attaque de l'U.R.S.S. est maintenant lancée. La production industrielle s'essoufflent faute de main-d'oeuvre. Les exigences nazies deviennent de plus en plus pressantes. Vichy harcèle les chômeurs français qui ne peuvent refuser de partir travaille en Allemagne sans se voir supprimer son allocation de chômage. D'ou la progression des engagements en début de 1942, soit 193 départs en quatre convoi. Un feu de paille; les statistiques retombent dès le mois de mars.

L'autorité d'occupation ne peut accepter cet échec. Le gauleiter Fritz Sauckel, plénipotentiaire général pour tous les problèmes de main d'oeuvre, nommé le 21 mars 1942 par Hitler lui-même, va se montrer plus "persuasifs". Dès le 27 mai, par ordonnance, il va se donner les moyens de contraindre les ouvriers français à accepter le travail Outre-Rhin. Deux cent cinquante mille ouvriers sont réclamés à Pierre Laval. Dans ce chiffre sont prévus cent cinquante mille spécialistes. Un compromis est signé le 22 juin prévoyant la libération d'un prisonnier contre le départ en Allemagne de trois ouvriers spécialisés. C'était la "Relève".



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