La Gironde sous l'occupation.
Groupes homologués.
Le
groupe Maillane.

Plan de site. Groupes
homologués.

Relevé du général de la Barre de Nanteuil.

Date Secteurs Off S/off Tr Total
25/07/1943
01/01/1944

Constitution sans dénomination 2 7 19 28
01/06/1944 Maillanne 3 13 22 38
01/07/1944 3 13 22 38
28/08/44 Devient groupe du XI° arrondissement 4 12 23 39
30/11/44 Incorporé au 144° R.I. 4 12 23 39

Tableau nominatif des cadres.

Nom et prénoms Surnom Grade Appartenance Fonction Observation
Hermitte Nicolas "Maillanne" Capitaine du 25/07/43 au 30/11/44 Chef de groupe Capitaine infanterie - colonel réserve
Dupin Paul   Sous-lieutenant du 25/04/44 au 14/10/44 Officier adjoint Lieutenant D.C.A. en retraite
Arripé Jean "Thomas" du 25/04/44 au 30/11/44 Chef détachement Sergent infanterie réserve
Mignot Robert "Robert" du 25/07/43 au 30/11/44 Soldat 1° classe
Degrange Jean   du 24/08/44 au 30/11/44 Maréchal logis artilleur - colonel réserve

 


Dates Lieux Effectif Action Observations
20/10/1943 N.S.K. Cenon 10 Sabotage Véhicules (15)
05/03/1944 N.S.K. Cenon 15 Sabotage Véhicules blindés légers (20)
12/03/1944
23/03/1944
Base sous-marine
Bordeaux
7 Sabotage 2 locomotives, 3 wagons, 8 coupeuses
02/08/1944 Cours Aubert 9 Coup de main 2 PM, 2PA, 2.000 cartouches, 2 caisses grenades
3 Allemands prisonniers
22/08/1944 rue de la Course
Bordeaux
11 Coup de main 18 prisonniers Allemands, 1 Résistant blessé

Historique.

Histoire succincte de la formation:
Travaillant aux renseignements depuis mai 1943 avec Monsieur Marcq, du réseau Bordeaux-Loupiac, service de récupération et d'évasion des mouvements unis, je demande en juillet à être relié à un groupe d'action. Il m'est alors répondu que le moment est mal choisi, la Résistance étant assez désorganisée du fait de certaines arrestations.

Par ailleurs, je suis déjà en contact avec un ami, Mignot Robert, qui a fait partie de mon équipe de défense passive et qui est en liaison, sous le nom de "Robert" avec les maquis de Dordogne.

Nous constituons le premier noyau d'un groupe de Résistance.

Au début d'août 1943, le groupe s'étend à l'A.I.A. et, par Mignot, à Bruges où il est en relation avec madame Claudeville, alias "Claude". Des équipes de sabotage sont formées dans la région de Bruges. L'effectif est, à ce moment, d'environ 50 hommes.

Deux opérations sont exécutées: le 11 août, sabotage d'une locomotive, le 8 septembre, sabotage d'un train de munitions, avec résultats satisfaisants. (1)

Le 15 septembre, Mignot est pris dans une rafle. Il est interné au fort du Hâ. Il est libéré un mois après, faute de preuves et reprend aussitôt son activité.

A la suite d'une dénonciation, la brigade Poinsot effectue le 21 septembre, parmi les équipes de Bruges, plusieurs arrestations, dont celle de Dejean Serge, qui, mis au secret, a une attitude magnifique, puis, est fusillé le 26 janvier 1944.

En octobre 1943, une équipe de sabotage est constituée à Cenon. Le 20 octobre, elle exécute une opération très réussie sur 15 véhicules de la N.S.K.

En mars 1944, le groupe s'organise et se développe dans les deux directions primitives. Bruges compte 40 hommes. L'effectif total est de 80 hommes. Le 5 mars 1944, l'équipe de Cenon effectue, avec le concours d'un Polonais incorporé dans l'armée allemande, un nouveau sabotage de 20 véhicules de la NSKK, dont plusieurs blindés légers.

Du 12 au 25 mars, divers sabotages sont exécutés à la Base sous-marine de Bordeaux: 2 locomotives, 8 coupeuses à fer électriques, 3 wagons de barres de fer, sont rendus inutilisables.

A fin avril, un apport important vient de l'A.I.A. avec Arripé, contrôleur d'aéronautique, ancien du groupe Grandier-Vazeille désorganisé. Il pratique dans son poste le sabotage technique des moteurs d'aviation en réparation à l'usine.

Avec le détachement d'Arripé, alias "Thomas", l'effectif atteint 120.

En mai, je suis contacté par le commandant Duval, chef d'Etat-Major 1° et 2° Bureaux F.F.I.

A fin juin, j'établis le contact, par mon agent de liaison Lardieg André, avec un groupe formé à Gradignan et comptant 25 hommes.

Au début juillet, le groupe Maillanne est constitué en deux détachements: "Thomas" et "Robert", chaque détachement est divisé en brigades. L'effectif commandé est de 147 hommes. De plus,  je contrôle un effectif d'environ 280 hommes.

A fin juillet, je donne mission au détachement de l'A.I.A. de protéger, coûte que coûte, contre un sabotage éventuel des Allemands en retraite, les installations importantes de l'usine, en particulier des bancs d'essais de moteurs d'avions qui peuvent être considérés comme unique en France.

Au début d'août, madame Claudeville, alias "Claude", des équipes de Bruges s'empare d'un fusil-mitrailleur italien avec sa caisse de chargeurs garnis.

Le 22 août, au matin, une opération effectuée dans un service de la D.C.A. allemande, cours Journu Auber, à Bordeaux, rapporte des armes, des munitions, des vivres et 3 prisonniers.

Le soir du même jour, une équipe du groupe s'empare du Rustungskommando, rue de la Course, à Bordeaux, faisant 18 prisonniers dont 1 officier et 2 sous-officiers, en ayant qu'un homme blessé légèrement.

Le 24 août, un de mes amis, Degrange Jean, de Caudéran, qui a organisé un groupe de résistance de 25 hommes dans cette banlieue, vient avec son groupe s'incorporer au groupe "Maillanne". Un point d'appui a été organisé par lui au 65 de l'avenue Maréchal Pétain. Il pourra être utilisé comme dispositif d'arrêt commandant par ses feux d'une terrasse le carrefour du boulevard Président Wilson et l'avenue jusqu'au Parc bordelais.

Le groupe "Maillanne" compte alors 175 hommes répartis en 3 détachements:
                                    - détachement "Thomas" (chef Arripé)
                                    - détachement "Robert" (chef Mignot)
                                    - détachement "D" (chef Degrange)
                                    - une section "Liaisons - services" (comportant une infirmière)

Le 27 août, le groupe est alerté. J'attends des ordres et je reçois plusieurs visites de l'agent de liaison du commandant Duval, mais aucun ordre n'est donné. Le commandant Duval avait été arrêté par un groupe d'Aristide.

Le 28 août, Bordeaux est libéré. Le groupe "Maillanne" dispose à ce moment de:
                                    - 1 fusil-mitrailleur,
                                    - 20 fusils de chasse.
                                    - 29 pistolets automatiques ou revolver.
                                    - 3 voitures de tourisme (4 places)
                                    - 1 motocyclette
                                    - son P.C. est installé rue Pelleport, 129, puis, transféré rue Peyronnet, 56.

Le 10 septembre, le groupe "Maillanne" devient le groupe du II° arrondissement de Bordeaux (ci-joint copie de l'ordre de mission de l'Etat-Major départemental F.F.I.) il assure la police de l'arrondissement et le contrôle des voitures, en particulier, quai de la Monnaie où un poste important est installé avec un fusil-mitrailleur en batterie.

Le 20 octobre, dans l'éventualité d'une poussée sur Bordeaux des Allemands restés dans le Médoc, le groupe est placé en réserve de manoeuvre au château Bel-Air, à Caudéran.

Le 30 novembre, les groupes F.F.I. devant être dissous, ceux des membres qui sont disposés à contracter un engagement pour la durée de la guerre sont intégrés au 144° R.I. que l'on reforme et auquel est remis le fusil-mitrailleur italien, ainsi que les autres armes non personnelles et les munitions.

le commandant Hermitte
alias "Maillanne"
ex-chef du groupe du II° arrondissement de Bordeaux

 

(1) Ces opérations ont été réellement effectuées par le groupe "Bourgeois"° qui, décimé par l'occupant, ne pu être homologué. Actions usurpées,  à la fois, par les groupes "Maillanne" et "Charly".